Media Sustainability Index (MSI) Africa
MSI Africa 2006-2007 - Index de viabilité des médias 2006-2007
RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
- Introduction
- Objectif 1 : Liberté d’expression
- Objectif 2 : Journalisme professionnel
- Objectif 3 : Pluralité des sources d’information
- Objectif 4 : Gestion des affaires
- Objectif 5 : Institutions de soutien
- Liste des participants au panel
Introduction
Note globale du pays : 1,23
Le paysage médiatique en République centrafricaine (RCA) a longtemps été dominé par le monopole des médias dirigés par l'État, tels que Radio Centrafrique, Télévision Centrafrique et l'Agence Centrafricaine de Presse. Les médias du secteur privé se sont multipliés en 1997, en raison, surtout, de l'apparition de stations de radio rurales et communautaires.
La RCA est l'un des quelques pays d'Afrique équatoriale où les délits reliés à la presse ont été décriminalisés. L'Ordonnance no 05.002 sur la liberté de communication a été promulguée le 22 février 2005 et amendée par la Loi no 06.008 qui fut adoptée le 28 juin 2006. Elle a mis fin aux peines d'emprisonnement, mais non aux amendes, pour tout délit relié à la presse.
En dépit de cette mince amélioration, les journalistes continuent de courber l'échine devant les régimes militaires successifs, ce qui crée parfois des tensions entre les autorités et la presse, qui réclame la liberté avec de plus en plus d'énergie. Par exemple, le 2 avril 2007, Michel Alkhaly Ngady, président du Groupement des éditeurs de la presse privée indépendante de la Centrafrique (GEPPIC) et directeur du quotidien Temps nouveaux publié à Bangui, a été condamné à deux mois d'emprisonnement et à une amende de 300 000 FCFA (environ 600 $ US) par le Tribunal Correctionnel de Bangui. En dépit des modifications à la loi mentionnées plus haut, il a été reconnu coupable de « désobéissance à la loi et entrave au Haut Conseil de la Communication (HCC) », qui est l'autorité publique régissant les médias d'Afrique centrale. La plainte a été déposée par le président du HCC, Pierre Sammy-Mackfoy.
Afin d'apaiser les tensions, des États généraux de la presse centrafricaine réunissant tous les partenaires des médias en RCA ont été organisés en juillet 2007. Plusieurs mesures ont alors été adoptées : l'accès des journalistes aux sources d'information (particulièrement celles des autorités publiques), l'indépendance des médias dont l'État est propriétaire, l'inclusion au budget annuel de subventions de l'État destinées aux médias privés, etc. Cependant, un grand nombre de ces résolutions ne sont toujours pas en vigueur.
La note globale révèle que révèle que le secteur des médias atteint à peine les objectifs. Les objectifs 3 et 5, pluralité des sources d'information et institutions de soutien, arrivent en tête avec, respectivement, des notes de 1,50 et 1,70. Mais, l'objectif 4, gestion des affaires, affiche la très basse note de 0,24.
Objectif 1 : LibertÉ d'expression
Note : 1,35
Globalement, les indicateurs composant cet objectif ont récolté de basses notes. Seul l'indicateur 9, accès à la profession de journaliste, a reçu une bonne note, soit presque deux points au-dessus de la moyenne.
La Constitution centrafricaine (en vigueur depuis le 27 décembre 2004) et l'ordonnance no 05.2002 promulguée le 22 février 2005 reconnaissent la liberté d'expression et garantissent la liberté de la presse. Ces textes sont en accord avec les normes internationales, mais souffrent de l'absence de mise en vigueur, particulièrement dans les régions de l'intérieur, où les préfets et les administrateurs locaux n'en tiennent pas compte et violent la liberté d'expression en toute impunité. La question en litige est principalement celle de la décriminalisation des délits reliés à la presse. Michel Akhaly Ngady, président du GEPPIC, lui-même victime d'une telle condamnation, comme nous l'avons indiqué en introduction, affirme, « le juge passe outre, et utilise le Code pénal pour condamner le journaliste ».
Momet Mathurin, directeur du Confident, croit que les journalistes subissent de constantes menaces, pressions et agressions. Le cas de Jules Yanganda, rédacteur en chef du quotidien L'Hirondelle, en est un exemple. Il a été attaqué par le premier vice-président de l'Assemblée nationale et un conseiller en communication du chef de l'État pour avoir publié un article au ton critique.
Les panélistes ont indiqué que les plus importants obstacles à la liberté de la presse sont l'impunité, l'ignorance de la loi, le zèle excessif manifesté par les autorités et la dépendance du pouvoir judiciaire vis-à-vis du pouvoir exécutif.
La délivrance des permis aux diffuseurs est légalement équitable et suit un processus fondé sur la concurrence. Un des panélistes explique : « Initialement, les licences étaient octroyées par le Département de la communication. Depuis 2005, ce rôle est rempli par le Haut Conseil de la Communication (HCC) en collaboration avec les ministères des Postes et Télécommunications, de l'Intérieur et de la Sécurité publique, et de la Défense nationale ».
Des neuf membres composant le HCC, trois sont nommés directement par le président de la République. Jusqu'ici, on n'a rapporté aucun cas de discrimination en ce qui concerne la délivrance des permis. Un organisme de presse qui se voit refuser un permis a le droit d'en appeler de la décision auprès du tribunal administratif. Les permis d'exploitation d'une station radio sont valides pendant cinq ans et ceux de la télévision pendant dix ans.
Les organismes de presse ne sont pas assujettis à l'impôt, car aucune loi ne détermine leur statut juridique.
Les menaces sont la forme de harcèlement des médias la plus fréquente. Par exemple, en novembre 2006, le ministre des Mines (le neveu du président) a menacé lors d'un rassemblement public de « tuer comme des mouches » les journalistes qu'il voyait comme des porte-parole des mouvements rebelles. Les auteurs de telles menaces ne sont jamais poursuivis.
La loi garantit l'indépendance des journalistes, mais les médias publics sont sous la surveillance étroite du ministère de la Communication et jouissent souvent des bonnes grâces des autorités politiques. Ils sont les premiers à avoir accès à l'information publique, jouissent de la couverture exclusive de certains événements publics, etc.
La diffamation est sanctionnée par le Code criminel, mais le fardeau de la preuve repose sur le plaignant. La corruption des juges est notoire et elle est minimisée par la population. En RCA, les poursuites intentées contre les journalistes finissent toujours par des emprisonnements ou des amendes.
L'accès à l'information publique est gratuit, autant pour les médias publics que privés. Il y a toutefois des cas (sécurité nationale, etc.) où l'accès à l'information est strictement défendu ou réservé aux médias publics. Quoi qu'il en soit, l'information est naturellement plus facile d'accès dans la capitale, Bangui, que dans les provinces. Les journalistes qui essaient d'obtenir de l'information rencontrent de nombreuses difficultés notamment la rétention de l'information et les difficultés économiques qui entravent la poursuite des efforts.
Les médias de la RCA accèdent librement aux nouvelles qui paraissent dans les médias étrangers (RFI, BBC) et peuvent les diffuser ou les retransmettre. L'entrée dans la profession de journaliste est gratuit et le gouvernement n'exige aucun permis et n'impose aucune restriction.
Objectif 2 : Journalisme professionnel
Note : 1,38
La plupart des indicateurs de cet objectif ont terminé près de la moyenne. Les exceptions sont, pour la basse note, l'indicateur 5, le salaire des journalistes, et pour la haute, l'indicateur 4, la couverture des événements importants par les journalistes.
D'après les tendances observées par les panélistes, il semble à première vue que le journalisme en RCA satisfait aux normes de qualité de la profession. Des normes éthiques et déontologiques sont en vigueur et acceptées par tous les intervenants des médias. Les journalistes éprouvent malgré tout des difficultés : bas salaires, obstacles financiers nuisant à l'accès aux sources d'information, autocensure pratiquée dans les médias publics et équipement désuet. De plus, certains acteurs politiques et économiques entrent dans les bonnes grâces des journalistes en leur offrant des cadeaux.
En règle générale, les reportages sont insuffisamment documentés, surtout lorsqu'ils traitent l'information officielle; les journalistes ne présentent la plupart du temps qu'un côté de la médaille. Dans certains domaines, on atteint un équilibre en recherchant l'opinion du public. Les panélistes justifient cette situation en faisant valoir la difficulté d'accéder aux sources d'information et le manque de moyens logistiques et financiers pour mener des enquêtes objectives. Certains médias font souvent appel à des experts, mais lorsque le sujet est délicat du point de vue politique, ces derniers préfèrent normalement ne pas être cités dans la presse par crainte de représailles.
Tous les panélistes soutiennent le code d'éthique et de déontologie de la presse centrafricaine, publié en 2002 par l'Union des journalistes centrafricains (UJCA). De plus, l'ordonnance no 05.2002 promulguée le 22 février 2005 contient 19 articles touchant l'éthique et la déontologie. Mais en dépit de ces normes professionnelles, les panélistes se sont plaints de pratiques journalistiques douteuses dans la RCA. Ils ont mentionné particulièrement le « journalisme à la Gombo », qui caractérise les journalistes qui acceptent des cadeaux en échange de la couverture favorable d'un événement. Cette pratique, disent-ils, est plus répandue parmi les jeunes journalistes.
L'autocensure existe, particulièrement dans les médias publics. Un panéliste a fait remarquer que « toutes les informations pouvant porter un préjudice au président et au gouvernement sont d'abord examinées par le ministre de la communication qui, dans la plupart des cas, n'autorise pas leur traitement ou alors en modifie sensiblement le contenu ». On justifie donc l'autocensure par la crainte de froisser les autorités politiques ou de perdre son travail.
En RCA, toutes les nouvelles importantes sont traitées, mais de différentes façons, selon la nature des relations des décideurs de chaque média avec les politiciens. Il est à noter que la façon de couvrir les sujets touchant la sécurité publique ou la rébellion qui ravage le nord-est du pays peut causer des ennuis à l'auteur du récit. Pour illustrer cela, un panéliste a relaté comment « le domicile de Zéphyrin Kaya, journaliste à la radio Ndéké-Luka, radio parrainée par l'association suisse Hirondelle, a été envahi, récemment, par des militaires à la recherche du journaliste qui se trouvait au Cameroun. Trois jours avant, le journaliste avait critiqué un neveu du président François Bozizé, qui cumulait plusieurs fonctions publiques. »
Les salaires des journalistes sont très bas. Dans le secteur privé, le salaire mensuel oscille entre 50 000 et 60 000 FCFA (100 $ US et 120 $ US). Dans le secteur public, il varie entre 25 000 et 100 000 FCFA (50 $ et 200 $ US), et entre 30 000 et 50 000 FCFA (60 $ US et 100 $ US) par mois, selon le rang et les fonctions.
La presse de la RCA a fortement tendance à favoriser la musique et les divertissements. Les émissions culturelles sont pratiquement inexistantes en radiodiffusion. Les bulletins de nouvelles occupent environ 15 % du temps d'antenne de la radio et de la télévision, tandis que les divertissements en occupent 60 %.
Les médias de la RCA sont concentrés dans la capitale, Bangui. Aucun d'entre eux ne dessert l'ensemble du territoire national, en raison d'installations vétustes et d'équipement désuet. Certains médias (Radio Ndéké Luka, Radio Notre Dame, Radio Néhémie) ont reçu dernièrement de l'Union européenne des ordinateurs, des caméras et d'autres appareils modernes, et peuvent de ce fait desservir la moitié du pays. Les transmetteurs encore en fonction sont de puissance très faible. Leur remplacement par de l'équipement plus moderne pourrait remédier à la situation.
Les médias de la RCA offrent des reportages spécialisés de qualité. Selon leurs politiques rédactionnelles, certains traitent mieux l'actualité que d'autres. Par exemple, la presse écrite traite mieux l'information, surtout économique, que les autres médias; et les diffuseurs privés accomplissent un meilleur travail que les médias publics lorsqu'ils rendent compte d'évènements d'envergure.
Objectif 3 : Pluralité des sources d'information
Note : 1,50
La moyenne de cet objectif a été influencée par les notes de quatre indicateurs. Les indicateurs 4 et 7, agences de nouvelles indépendantes et vaste éventail d'intérêts sociaux reflétés par les médias, se sont classés près d'un point en dessous. Les indicateurs 2 et 5, l'accès des citoyens aux médias et la production d'émission d'information, l'ont dépassée d'environ un point.
La RCA bénéficie de plusieurs sources d'information, publiques et privées (télévision, radio, journaux, Internet). La majorité de ces médias ont leur siège à Bangui. Cependant, la radio rurale est présente dans certaines parties du pays. La presse écrite privée est souvent lue par les agents de l'État et les autorités politiques. Dans les régions rurales, les radios communautaires dominent. La RCA possède un total de huit stations de radio communautaires situées dans six villes de ses seize préfectures.
L'accès des citoyens aux médias nationaux et internationaux n'est limité que par la pauvreté des conditions de vie. Aucune mesure législative n'interdit ou ne restreint l'accès de la population aux nouvelles et à l'information.
Comme dans de nombreux autres pays d'Afrique, les médias publics sont d'abord et avant tout au service du gouvernement et présentent fidèlement son point de vue sur chaque sujet discuté. Le décret no 92.207 accorde l'accès aux médias d'État à n'importe quel homme politique. Cependant, les chefs de l'opposition et la société civile préfèrent souvent les médias privés.
Les radiodiffuseurs privés créent leurs propres émissions et retransmettent aussi des productions de médias étrangers. Par exemple, Radio Luka Ndeke retransmet la programmation de BBC Africa. Les productions de la presse privée ne sont pas vraiment différentes de celles des médias appartenant à l'État.
Les médias couvrent un large éventail d'intérêts sociaux, tout en s'intéressant particulièrement aux questions et aux événements touchant l'actualité politique et économique. On ne produit cependant pas d'émissions s'adressant aux minorités. Seule la station de radio rurale Voix de la Sangha, à Nola, diffuse régulièrement des émissions dans toutes les langues parlées au pays. Les autres médias n'utilisent que le français et le sango, les langues officielles.
On ne compte qu'une agence de presse, l'Agence centrafricaine de presse (ACAP). Ses activités sont actuellement en suspens par manque de financement. Les médias imprimés utilisent souvent l'information de la presse étrangère (AFP, Reuters, etc.) sans citer la source.
Aucun renseignement officiel concernant la propriété des médias n'est disponible, mais il n'existe pas de conglomérat de médias. Seule l'Église catholique, par l'entremise de ses diocèses, possède six stations radio dans tout le pays. Mais puisque les diocèses sont indépendants les uns des autres, ces stations ne forment pas un réseau.
Objectif 4 : Gestion des affaires
Note : 0,24
Les notes se sont révélées faibles pour tous les indicateurs de cet objectif. Chacun a été noté sous la barre de 0,50, à l'exception du premier et du deuxième.
Les entreprises de presse ne sont pas organisées comme de vraies entreprises. Elles en sont officiellement, mais elles ne sont pas administrées de manière à générer des profits. Elles ne survivent que grâce aux sacrifices de leurs propriétaires. Elles n'utilisent jamais de pratiques comptables professionnelles, comme le bilan. Seules les pratiques de gestion des médias publics s'approchent un tant soit peu du professionnalisme.
Il n'y a pas de réseau de distribution de la presse écrite dans le pays. Autrefois, les agences de voyage se chargeaient de distribuer la presse de Bangui vers les régions intérieures du pays. Mais aujourd'hui, cela n'est plus possible, car les routes reliant la capitale au reste du pays sont détériorées.
Les revenus les plus importants des médias privés proviennent des messages publicitaires (d'agences onusiennes) tandis que ceux de la presse écrite proviennent de la vente de journaux. La loi stipule que l'État doit subventionner la presse privée, mais on tient rarement compte de cette obligation. En 2005, des dix millions de FCFA (20 000 $) promis à la presse par le président Bozize, seule la moitié a été versée, et depuis, rien n'a été déboursé.
D'après la loi, les collectivités locales doivent soutenir les médias communautaires. Mais puisque ces communautés n'en ont pas les moyens, les médias sont laissés à eux-mêmes et ne peuvent survivre que grâce aux dons et à l'aide d'organisations internationales. Seule la station de radio Voix de la Sangha réussit à obtenir des contributions de la communauté Nola. Les médias publics, quant à eux, reçoivent effectivement des subventions gouvernementales; mais la corruption étant généralisée, les fonds ne se rendent presque jamais à destination.
En RCA, il n'existe aucune agence ni aucun marché pour la publicité, qui est extrêmement rare dans la presse. Seules quelques organisations font publier ou diffuser des annonces ou des communiqués, mais elles paient souvent de tels services en nature. Par exemple, certains journaux publient des messages publicitaires pour des agences de voyage, qui en échange, distribuent sans frais le numéro en question dans les régions intérieures du pays. Les annonces viennent souvent du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de l'Union européenne ou du Bureau politique d'observation des Nations Unies en Centrafrique (BONUCA), qui sont les principaux bailleurs de fonds des médias.
Puisqu'il n'existe pas de marché pour la publicité. Les recettes de la publicité commerciale sont par conséquent insignifiantes, si tant est que les entreprises médiatiques en enregistrent. Il n'y a pas d'études de marché, ni d'indices d'écoute ou de données sur la distribution.
Objectif 5 : Institutions de soutien
Note : 1,70
Les notes des indicateurs de cet objectif varient beaucoup. Les panélistes ont apprécié le travail des ONG et décerné à l'indicateur 3 une note très élevée. Tous les autres indicateurs, par contre, n'ont récolté qu'une basse note, en particulier ceux ayant trait à la formation des journalistes et à la distribution des médias.
Parmi les associations d'entreprises, le Groupement des éditeurs de la presse privée indépendante de la Centrafrique, qui représente les directeurs de la presse écrite, est digne de mention. En plus d'accomplir sa mission principale qui est de protéger les intérêts des propriétaires de presse, cette association est devenue un mouvement de rassemblement influent en RCA; elle a appuyé la création du Haut Conseil de la Communication (HCC) et la tenue des États généraux de la presse de juillet 2007, entre autres.
La plus grande association professionnelle de journalistes en RCA est l'Union des journalistes centrafricains (UJCA), dont font partie tous les professionnels des médias des secteurs public et privé. En plus de l'UJCA, d'autres associations de journalistes (comme l'Union des journalistes sportifs centrafricains) travaillent dans des domaines spécifiques. Elles offrent des services de formation professionnelle et de lobbying, enseignent les règles de l'éthique et de la déontologie, etc. Le nombre de leurs membres est en constante augmentation.
Des organisations de soutien centrafricaines, avec l'aide d'organismes internationaux, protègent les intérêts des journalistes en faisant pression sur les autorités publiques, bien qu'il n'y ait en RCA aucune organisation spécialisée dans la défense de la liberté d'expression. Habituellement, les organisations mentionnées plus haut de même que les ONG vouées à la défense des droits de l'homme (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture et la peine de mort, la Ligue centrafricaine des droits de l'homme, l'Observatoire Centrafricain des Droits de l'Homme, le Mouvement de Défense des Droits de l'Homme, etc.) travaillent aussi à la défense de la liberté de la presse. Des ONG internationales telles que Reporters sans frontières, Journaliste en Danger, etc., combattent avec zèle pour la réforme de la législation de la presse.
La qualité de l'enseignement en RCA a chuté dramatiquement ces dernières années, avec les conséquences que l'on peut imaginer pour les jeunes diplômés. Ils arrivent habituellement dans les salles de presse avec des compétences très minimales et sans aucune expérience. Il n'y a pas d'école de journalisme en RCA; toutefois, au congrès de la presse de juillet 2007, certains participants ont proposé la création d'une sous-faculté des Communications à même la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l'Université de Bangui. Cette sous-faculté devrait commencer ses activités l'année prochaine. Les journalistes sont souvent formés dans la République démocratique du Congo, au Cameroun ou en Côte d'Ivoire.
Des programmes gratuits de formation à court-terme sont offerts par des organisations locales et étrangères. Ils portent essentiellement sur le reportage, les techniques de rédaction et les techniques de collecte, de traitement et de publication de l'information. Les journalistes peuvent ainsi se recycler et égaler leurs homologues étrangers. Les panélistes ont aussi exprimé le souhait que les journalistes étudient également l'éthique, l'écriture journalistique et le traitement des nouvelles.
Il existe quatre imprimeries en RCA : AKRAM, l'Imprimerie centrafricaine (l'ICA), l'imprimerie Saint-Paul et l'imprimerie EDI-FAMADI. L'ICA et EDI-FAMADI appartiennent à l'État, mais elles sont ouvertes à tous sans restrictions.
Le réseau de distribution de la presse écrite n'est pas organisé. Chaque entreprise de presse écoule sa production par ses propres moyens. Les transmetteurs des médias publics appartiennent à l'État, tandis que ceux des médias privés appartiennent au privé. Comme il a été mentionné plus haut, aucun diffuseur ne dessert l'ensemble du territoire national.
Liste des panélistes
Ferdinand Samba, journaliste, Le Démocrate, Bangui
Jean Ignace Manengou, journaliste, Médias catholiques, Bangui
Sylvie Jacqueline Panika Benguere, journaliste, Radio Ndeke Luka, Bangui
Eloi Bellonghot, journaliste, Radio Centrafrique, Bangui
Chérubin-Raphaël Magba-Totama, formateur pigiste, Bangui
Judes Zosse, journaliste, L'Hirondelle, Bangui
Pierre Debato II, journaliste, Observatoire des médias centrafricains, Bangui
Firmine Lea Badou, journaliste, Radio Maïgaro, Abouar
Blanche Elisabeth Olofio, journaliste, Radio Bé Oko, Tossangoa
Gaston Placide Lamer, éditeur, Le Confident, Bangui
Michel Alkhaly Ngady, directeur, Temps Nouveaux, Bangui
Anicet Goue Moussangoe, journaliste, Action des chrétiens pour l'abolition de la torture dans la République centrafricaine, Bangui
Modérateur : Mathurin Momet, directeur, Le Confident, Bangui
L'étude sur la République centrafricaine a été coordonnée et menée en collaboration avec Journaliste en Danger, Kinshasa, République démocratique du Congo.
