Media Sustainability Index (MSI) Africa
MSI Africa 2006-2007 - Index de viabilité des médias 2006-2007
TChad
- Introduction
- Objectif 1 : Liberté d’expression
- Objectif 2 : Journalisme professionnel
- Objectif 3 : Pluralité des sources d’information
- Objectif 4 : Gestion des affaires
- Objectif 5 : Institutions de soutien
- Liste des participants au panel
Introduction
Note globale du pays : 1,86
Depuis le 25 mai 2007, il n'est plus nécessaire de soumettre chaque numéro des journaux au ministère des Communications afin d'obtenir l'autorisation de les distribuer. Pendant les six mois précédents, la presse écrite encourait la censure préalable en raison d'un état d'urgence déclaré le 13 novembre 2006 et édicté dix jours plus tard par l'Assemblée nationale. Cet état d'urgence visait à contrer la violence intercommunautaire qui avait fauché de nombreuses vies dans la partie est du pays. Il a pris fin, et avec lui la censure préalable, lorsque le gouvernement a omis de solliciter auprès de l'Assemblée nationale la prolongation exigée par la Constitution.
De nombreux observateurs ont vu dans l'état d'urgence un moyen utilisé par le Président Idriss Déby pour s'assurer la mainmise sur la presse. En 2006, la critique envers son régime était devenue de plus en plus virulente. En effet, le gouvernement avait tenu, avec succès, un référendum ayant pour objet la modification de la Constitution afin de permettre au président de se présenter indéfiniment aux élections; il a d'ailleurs été réélu la même année. Or, au moment où la presse livrait une couverture négative des événements, au moins trois journalistes ont été mis en prison.
Il faut reconnaître, toutefois, que le gouvernement Déby a contribué à l'avènement des médias actuels au Tchad. Avant son accession au pouvoir, les médias d'État, tels que la Radio nationale du Tchad, la Télévision nationale du Tchad et l'Agence tchadienne de presse, détenaient le monopole de l'information. Aujourd'hui, le Tchad compte plusieurs stations de radios associatives et communautaires et plusieurs organes de presse, bien que la télévision relève toujours du domaine exclusif de l'État.
La note globale du Tchad a certainement été renforcée par les deux points et demi de l'objectif 5, institutions de soutien. L'objectif 1, liberté d'expression, a obtenu une note à peine supérieure à 2, tandis que les objectifs 2 et 3, journalisme professionnel et pluralité des sources d'information, ont atteint respectivement 1,91 et 1,78. L'objectif 4, gestion des affaires, est celui qui, de toute évidence, avec sa note de 1,03, a le plus freiné le résultat général.
Objectif 1 : LibertÉ d’expression
Note : 2,07
La plupart des indicateurs de cet objectif avoisinent la note globale, mis à part l'indicateur 4, crimes contre les journalistes, classé près d'un point sous la moyenne. À l'autre bout du spectre, les panélistes, ayant tenu compte du fait qu'il n'existe aucune mesure légale entravant l'accès à la profession de journaliste, ont accordé à l'indicateur 9 une note de plus d'un point au-dessus de la moyenne.
L'article modifié numéro 27 de la Constitution (adopté le 31 mars 2006) et la loi 029/1994 réglementent la presse au Tchad. Bien que ces lois garantissent la liberté de la presse et qu'elles soient en harmonie avec les normes internationales, des problèmes subsistent quant à leur mise en application. Il en est ainsi particulièrement à l'intérieur du pays, où les administrateurs locaux l'ignorent et violent impunément la liberté d'expression. Les principaux obstacles à la liberté de la presse, d'après les panélistes, sont le zèle exagéré des autorités et l'ignorance de la loi.
Les panélistes sont d'avis que le processus de délivrance de licences pour les médias électroniques est légalement équitable et qu'il est fondé sur la libre concurrence. La responsabilité de délivrer ces licences est confiée au Haut Conseil de la communication (HCC), tandis que les fréquences sont accordées par l'Office tchadien de régulation des télécommunications (OTRT). Le HCC, organisme de réglementation, est très asservi aux volontés du gouvernement malgré le mandat dont il est investi en vertu de l'article 184 de la Constitution. Il est composé de neuf membres : trois représentants des médias et six personnes nommées par les instances politiques.
Aucune discrimination en matière de délivrance de licence n'a été rapportée jusqu'à présent. Un organe de presse qui se voit refuser une licence a un droit d'appel à N'Djamena ou dans les provinces, auprès de la Chambre administrative de la Cour suprême de justice ou de la Cour d'appel selon le cas. Actuellement, seules les licences pour la radio ne sont pas exclusives à l'État et le monopole de la télévision appartient au diffuseur d'État Télétchad.
Tous les panélistes déplorent l'absence d'exonération fiscale pour les entreprises médiatiques. La plupart des stations de radio sont inscrites comme sociétés à but non lucratif et non comme entreprises, car les licences de radio commerciales sont hors de prix. Pourtant, les stations de radio ne bénéficient pas des exonérations accordées aux autres sociétés à but non lucratif et sont soumises au même régime fiscal que n'importe quel secteur de l'économie tchadienne. Gato FM, la seule station de radio travaillant en tant qu'entreprise pourvue d'une licence commerciale, est traitée de la même façon que n'importe quelle autre entreprise.
Arrestations, assassinats, actes d'intimidation et agressions se sont produits fréquemment ces dernières années. En 2005, cinq cas d'atteinte à la liberté de la presse ont été rapportés, et onze l'ont été en 2006. La tendance diminue, toutefois, en raison des mesures temporaires de censure qui ont été prises dans le but d'empêcher la publication d'articles pouvant entacher la réputation du régime Déby. Les auteurs de tels méfaits n'ont jamais été poursuivis.
La loi du pays garantit l'indépendance des journalistes, mais le ministère de la Communication supervise en permanence les médias d'État,
La diffamation est visée par le Code criminel (article 47 de la loi sur la presse) et les infractions sont punissables d'un à six mois de prison. Il appartient au défendeur de prouver qu'il n'y a pas eu diffamation. La société, en général, doute énormément de l'intégrité des juges, mais il est difficile de prouver quoi que ce soit. Au cours des états généraux de la justice, en 2003, les magistrats eux-mêmes se sont élevés contre les nombreux cas de corruption rapportés dans leurs rangs.
Selon le Human Rights Practices Report de 2006 du département d'État des États-Unis, il n'existe aucune loi sur la liberté de l'information au Tchad. Le rapport indique aussi que l'information n'est souvent divulguée qu'aux journalistes travaillant pour les médias d'État, et des journalistes privés se plaignent de ce traitement injuste. Par contre, les panélistes de l'IVM, de leur côté, rapportent que l'information publique est accessible autant aux médias privés qu'aux médias publics, sauf dans les cas de sécurité nationale où l'information n'est alors divulguée qu'aux médias d'État.
Il est bien entendu plus facile d'accéder aux médias internationaux à N'Djamena que dans les provinces. Les médias du Tchad, par ailleurs, diffusent ou retransmettent sans problèmes les informations en provenance des médias étrangers (par ex., RFI et BBC).
L'entrée dans la profession de journaliste n'est réglementée ni par une loi sur la presse ni par un code de déontologie ou d'éthique. Toute personne qui le désire peut donc devenir journaliste, sans même aucune formation.
Objectif 2 : Journalisme professionnel
Note : 1,91
À la lumière des observations des panélistes, le journalisme au Tchad remplirait les normes de qualité de la profession. Des normes éthiques et déontologiques sont en vigueur et elles sont acceptées par tous les intervenants du secteur des médias. Cependant, les journalistes du Tchad doivent affronter des problèmes, tels que la maigreur des salaires, le coût élevé de l'accès aux sources d'information, l'autocensure, tant dans les médias publics que dans les médias privés, l'équipement désuet et, ajoutons, l'habitude de certains acteurs politiques et économiques de leur offrir des cadeaux destinés à « acheter » leur conscience.
Les indicateurs reflètent ces conditions, affichant dans leur ensemble une note assez proche de la moyenne générale. L'indicateur 8, reportage spécialisé, obtient une note plutôt élevée en comparaison des autres, tandis que les indicateurs 3 et 7, qui ont trait à l'autocensure et à la modernité de l'équipement, héritent d'une note nettement plus basse.
En règle générale, les reportages des médias privés sont objectifs et bien documentés. Mais afin de publier un article à sensation, il arrive que des journalistes présentent une version subjective, parfois très biaisée, de faits dont ils n'ont pas suffisamment vérifié l'authenticité. Dans leurs recherches, les journalistes font appel à des experts des domaines juridique, médical ou de l'ingénierie.
Le code d'éthique et de déontologie de la presse tchadienne a été publié en 2002 par l'Union des journalistes tchadiens. Il est conforme aux normes internationales et tous les acteurs médiatiques du Tchad lui font bon accueil. Hélas! comme dans plusieurs pays d'Afrique, les panélistes ont rapporté de nombreuses entorses au code, le phénomène le plus répandu étant celui des « gombos », ou reportages payés, pratiqués surtout par de jeunes journalistes indépendants qui cherchent à joindre les deux bouts.
L'autocensure existe, tant dans les médias publics que privés. Les panélistes ont le sentiment que cette pratique se justifie, compte tenu de la crainte inspirée par les autorités gouvernementales, de la crainte de perdre son emploi ou de celle de perdre des clients qui achètent de l'espace publicitaire. Bien qu'il soit facile de parler de certaines questions sociales, on évite soigneusement d'autres questions plus délicates sur le plan politique. L'autocensure n'est pas nécessairement le lot quotidien des rédacteurs en chef, mais elle est entrée dans les moeurs des journalistes qui se plient aux politiques rédactionnelles de leurs médias, qui habituellement leur indiquent ce dont il faut éviter de parler. En se conformant à ces politiques, les journalistes se dépouillent de leur liberté et de leur jugement critique.
Les journalistes du Tchad ne couvrent pas tous les événements qui se produisent dans le pays. En 2006, le gouvernement a interdit aux médias de couvrir l'agitation qui sévissait dans les régions de l'est du pays, et cette mesure a fait germer l'idée de la censure préalable. Parfois, la loi interdit aux médias de couvrir certains types d'événements. Par exemple, la loi électorale interdit aux médias de divulguer les résultats d'un sondage des électeurs à leur sortie du bureau de scrutin tant que les résultats finaux ne sont pas dévoilés par le comité électoral; cette censure, toutefois, ne touche pas les médias publics. En ce qui concerne la couverture de certains sujets délicats, comme la sécurité nationale, aucune restriction légale ou juridique n'est imposée, mais en parler peut entraîner des représailles envers les journalistes ou leurs médias. Pour en citer un exemple, en 2006, Évariste Ngaralbaye, pigiste pour Notre Temps, a passé quatre jours en prison pour avoir publié un article dans lequel il accusait l'armée nationale de recruter des mineurs.
Les salaires des journalistes sont insignifiants; ils varient entre 30 000 et 50 000 francs CFA (60 $ US à 100 $ US) par mois. D'après les panélistes, ces maigres salaires expliquent la mendicité et la corruption qui sont monnaie courante dans la profession.
Les nouvelles et l'information ne sont pas accessibles en tout temps. La télévision nationale, par exemple, ne diffuse qu'entre 18 h et 23 h. Le divertissement l'emporte sur l'actualité dans l'ensemble des médias. La programmation se compose à 30 % d'actualités, à 60 % de divertissement et à 10 % d'émissions culturelles ou éducatives.
En raison de la désuétude de l'équipement, aucun diffuseur d'émissions radiophoniques ou télévisées, pas même ceux de l'État, ne rejoint l'ensemble du territoire national. Les radios communautaires, qui sont les médias les plus largement répandus, ont besoin d'équipement informatique moderne et puissant. La presse écrite doit elle aussi s'en sortir avec des presses qui ont fait leur temps. Il existe quatre imprimeries privées au Tchad : l'Imprimerie du Tchad, l'Imprimerie AGB, l'Imprimerie nationale du Tchad et l'Imprimerie évangélique. Toute aide apportée sous forme d'équipement adapté aurait une portée majeure sur le secteur de l'imprimerie.
Il ne fait pas de doute que les diffuseurs du Tchad présentent des émissions de qualité. En fonction de leurs politiques rédactionnelles, certains médias traitent mieux l'information que d'autres. Ainsi, la presse écrite surpasse les autres types de médias dans sa présentation des nouvelles économiques, tandis que les médias audiovisuels privés surpassent les médias publics dans les reportages d'événements qui sont de nature à intéresser le public.
Objectif 3 : PluralitÉ des sources d’information
Note : 1,78
Les notes accordées par les panélistes traduisent le peu de diversité au chapitre des sources d'information et d'actualités accessibles au public. Par exemple, ils ont attribué une note de près de zéro à l'indicateur 4 en raison de la présence au pays d'une seule agence de presse, qui appartient à l'État. Deux indicateurs, par contre, ont atteint une note d'environ un point supérieure à la moyenne : l'indicateur 2, restrictions de l'accès des citoyens aux médias, et l'indicateur 5, la radio et la télévision privée produisent leurs propres émissions d'actualité.
Il existe, au Tchad, une variété de sources d'information : télévision, radio, presse écrite et Internet. Tous peuvent y accéder librement, aucune mesure légale ne l'interdisant de quelque manière que ce soit; il faut noter, toutefois, que la plupart des médias sont établis à N'Djamena et dans d'autres centres urbains, ce qui crée une difficulté aux populations rurales. Autre facteur contraignant : le très faible revenu de la population. Seulement trois pour cent de la population peuvent acheter régulièrement un journal, ce qui explique la rareté des journaux étrangers de même que le tirage faible et irrégulier de la plupart des journaux nationaux. Dans les régions rurales, les 30 stations de radio communautaires du pays sont les médias les plus accessibles et les plus répandus. Luxe pour les Tchadiens, Internet n'est accessible que dans les régions urbaines et le seul fournisseur au pays est SOTEL Tchad.
Comme dans plusieurs autres pays d'Afrique, les médias publics du Tchad sont d'abord et avant tout au service du gouvernement et de ses institutions politiques. Les patrons de ces médias sont des membres du parti présidentiel, et plus de 80 % des nouvelles, à la télévision et à la radio, portent sur les activités du président et du gouvernement; l'opposition se voit souvent refuser l'accès aux médias d'État. Quant aux émissions culturelles, éducatives ou relatives à la santé publique, elles occupent un temps d'antenne négligeable.
Les stations radio privées produisent leurs propres émissions d'information et retransmettent les productions des médias étrangers. Par exemple, la station de radio FM Liberté retransmet les émissions de Voix de l'Amérique.
L'information concernant la propriété des médias n'est pas accessible au public; l'aspect financier de la propriété, tel que l'identité des associés passifs, est particulièrement inaccessible. Il n'en demeure pas moins que les affiliations politiques d'un propriétaire transparaissent dans le contenu des médias, car ces derniers sont ouvertement partiaux. L'Église catholique possède six stations de radio au pays; ces stations appartiennent plus précisément aux diocèses, qui sont indépendants les uns des autres.
La presse aborde quantité de problèmes touchant la société, mais aucun média n'est spécifiquement voué aux intérêts des minorités. Jusqu'à récemment, le seul sujet tabou pour les médias était celui de l'excision des femmes. Dernièrement, les directeurs de Dja FM ont éprouvé des difficultés de la part de dirigeants religieux islamiques pour avoir parlé de cette question sur les ondes.
Objectif 4 : Gestion des affaires
Note : 1,03
Dans cet objectif, aucun indicateur n'a obtenu de bons résultats. Les indicateurs 2, 4 et 5 (reliés à la multiplicité des sources de revenus, au pourcentage de revenu tiré de la publicité et aux subventions gouvernementales) ont malgré tout obtenu environ un demi-point au-dessus de la moyenne finale; toutefois, l'indicateur 3 frôle le zéro en raison de l'absence d'un marché de la publicité, tandis que l'indicateur 7 l'atteint, aucune donnée sur la circulation des journaux et sur les auditoires n'étant recueillie.
Au Tchad, les entreprises de presse ne fonctionnent pas comme de vraies entreprises commerciales et ne génèrent pas de profit comme elles le devraient. Les médias, mis à part ceux de l'État, ne portent aucune attention aux méthodes comptables ou aux règles du monde des affaires; ils ne dressent jamais de bilan, par exemple. Quant aux salaires des journalistes, ils sont entièrement laissés à la discrétion des patrons de l'entreprise.
Depuis l'an 2000, le gouvernement est intervenu à deux reprises pour aider financièrement les médias. Une aide annuelle directe est prévue dans la loi sur la presse (articles 32 à 35), mais dans la plupart des cas, il est difficile d'en connaître la destination finale. Cette aide est accordée selon la taille et le professionnalisme de chaque média, en fonction de la seule évaluation du HCC. Les revenus des médias proviennent de la publicité ainsi que de partenariats avec des organisations internationales et des entreprises. Les médias d'État, quant à eux, reçoivent directement les déboursements de l'État en plus de tirer des revenus de la publicité.
Il n'existe aucune agence de publicité ni aucun marché pour la publicité. Les clients imposent souvent leurs prix et les médias n'ont d'autre choix que d'accepter. L'espace réservé à la publicité dans les médias est souvent réduit à moins d'un pour cent et les revenus qui en découlent sont risibles. Afin de combler le vide, les médias sont constamment à la recherche d'abonnements et de financement extérieur. La loi sur la presse édicte que les rentrées de fonds provenant de la publicité ne peuvent excéder 20 % du revenu des médias communautaires.
Aucune statistique sur la circulation des journaux ou sur l'utilisation d'Internet ni aucune étude de marché ou indice d'écoute n'existent au Tchad.
Objectif 5 : Institutions de soutien
Note : 2,50
Les panélistes ont applaudi le travail accompli par les associations et les ONG, et les indicateurs 1, 2 et 3 ont clairement fait grimper la moyenne finale. Par contre, la faiblesse de la formation et des réseaux de distribution a fait en sorte que les indicateurs 4 et 7 n'ont récolté que des notes inférieures à 2.
Au Tchad, des associations de soutien collaborent avec des organisations internationales pour protéger les intérêts du secteur des médias et exercer des pressions sur les instances publiques. L'Association des éditeurs de la presse privée au Tchad et l'Union des radios privées du Tchad (URPT) offrent des programmes de formation et défendent les intérêts juridiques et commerciaux de leurs membres. L'Union des journalistes tchadiens, le Syndicat des professionnels de la communication, l'Association des femmes journalistes et l'Association des journalistes arabophones offrent des services, comme la formation professionnelle, exercent des pressions pour la liberté de la presse et proposent des cours sur le respect des règles de l'éthique et de la déontologie. Les membres de ces organisations sont très nombreux.
Les ONG internationales, bien que présentes, ne participent pas à la modification de la législation touchant les médias. Ces ONG, il est vrai, exercent souvent des pressions auprès du gouvernement afin qu'il modifie la législation touchant la presse; mais lorsque les réformes sont en marche, le gouvernement ne les consulte pas.
La qualité de l'enseignement au Tchad a régressé de façon importante ces dernières années, de sorte qu'en général les jeunes diplômés sont mal préparés pour entrer sur le marché du travail. Il n'y a pas d'école de journalisme au Tchad, mis à part les cours donnés à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l'Université de N'Djamena, dans la section des Sciences et Techniques de la Communication. Les jeunes journalistes doivent se rendre à Niamey, au Niger, ou à Yaoundé, au Cameroun, s'ils veulent recevoir une formation professionnelle.
Des programmes de formation à court terme sont offerts par des organisations locales et étrangères. La formation porte sur les techniques de reportage, de rédaction, de collecte et de traitement de l'information ainsi que sur la publication et la diffusion, ce qui permet aux journalistes de se recycler et d'atteindre le niveau de leurs collègues régionaux. Ces programmes sont gratuits. Les panélistes ont exprimé le souhait que des formations portent aussi sur les questions juridiques et légales.
Toutes les imprimeries appartiennent au secteur privé; elles sont apolitiques et ouvertes à tous. Les réseaux de distribution appartiennent aussi au secteur privé. Ils n'imposent pas de restrictions et sont souvent apolitiques. Les agences de voyages distribuent la presse écrite de N'Djamena à l'ensemble du pays.
Liste des participants au panel
Bertin Tumba, membre de JED
Odjitan Maji Maji, membre de URPT
Nadjikimo Benoudjita, directeur du journal Notre Temps
Tchanguiz Vatankhah, rédacteur en chef, radio Brakoss
Laldjim Narcisse, correspondant pour RSF
Hoinathy Gotngar Noubatan, journaliste, radio Lofiko Sarh
Mahamat Abdoulaye Hassan, radio DJA FM
Aze Keite Djamso, directeur, Télévision tchadienne
Modérateur : Odjitan Maji Maji, journaliste, FM Liberté
L'étude sur le Tchad a été coordonnée et dirigée en partenariat avec Journaliste en Danger, Kinshasa, République démocratique du Congo
